06 mars 2008
" Dessine-moi Paris " par Stéphane Tuot
Anne Hidalgo est Maire de Paris depuis cinq ans. Elle remplace Bertrand Delanoë devenu premier secrétaire du Parti Socialiste et élu de justesse en 2008 à la faveur d’un accord passé avec le MoDem. Denis Baupin, des Verts, est premier adjoint. En effet, juste avant de quitter la Mairie de Paris, Bertrand Delanoë, soucieux de donner des gages à l’aile gauche du Parti Socialiste, a opéré un spectaculaire renversement d’alliance en divorçant d’avec le MoDem pour former une nouvelle majorité avec les Verts.
© C.Besse
En cet après-midi d’hiver, je suis assis sur un banc parisien.
Un vieil homme et son petit fils viennent s’asseoir près de moi. Le vieil homme montre au jeune garçon le bâtiment situé en face de nous.
Il lui dit : « Tu sais, à une époque, j’habitais là ».
Le garçonnet, dans un mélange de naïveté et de surprise, lui répond : « Mais pourquoi es tu parti ? A ta place je serais resté là ! »
Le grand père : « Je n’ai pas eu le choix, le logement était devenu trop cher, j’ai dû quitter Paris. Ils disaient que j’étais trop riche pour profiter d’un HLM; mais moi, je voyais bien que je ne l’étais pas assez pour me loger par moi-même à Paris ».
Le vieil homme semble submergé par les souvenirs d’une époque regrettée.
Il s’arrête. Puis, reprend avec une voix plus hésitante : « Partir fut pour moi un déchirement, une mutilation. Il existe une partie de moi qui n’a jamais vraiment quitté ces murs. J’aimais tant cette ville. »
Le jeune garçon : « J’aimais ? »
Le grand père : « Je lui reste fidèle mais, sur la fin, elle avait tant changée. Avant moi, beaucoup d’autres gens ont dû partir; les jeunes, les ouvriers, les familles. Avec leur départ, c’est l’âme de paris qui s’en est trouvée abîmée, blessée. »
Le jeune garçon : « L’âme ? Qu’est ce que c’est qu’une âme ? »
Le grand père : « Une âme, c’est quelque chose de mystérieux qui fait qu’une ville, une Nation existe par elle-même, a sa propre conscience d’elle-même. C’est quelque chose d’un peu miraculeux, une âme ne se décrète pas, elle est le fruit d’une histoire séculaire. Une âme est précieuse, c’est une sorte de trésor que les Hommes doivent faire vivre et protéger. »
A peine a-t-il prononcé ces mots que le vieil homme se lève : « Nous devons partir, il se fait tard ».
Le jeune garçon se lève et suit son grand père. Ils s’éloignent ; bientôt, ils ne sont plus qu’un souvenir.
Pour ma part, je reste assis sur le banc. Je tourne la tête un peu dans tout les sens, j’admire la belle endormie.
Quand, brusquement, je vois une immense boule de lumière apparaître au loin. Elle grossit à vue d’œil. Les bâtiments disparaissent les uns après les autres, comme happés par cette lumière éblouissante. Elle se rapproche de moi, encore et encore. Je ne sais pas ce qu’il se passe, je ferme les yeux, je ne veux pas voir ça. Lorsque je les rouvre, je distingue des formes qui me semblent familières. Je reconnais mes étagères, mon lit, ma table de chevet : je suis dans ma chambre.
D’un geste ferme, je prends mon réveil ; nous sommes le dimanche 9 mars 2008. Aujourd’hui c’est décidé, j’irai voter.
Stéphane TUOT
22:17 Ecrit par dans Cité des artistes | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 2014, paris, municipales



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Commentaires
plutôt qu'une fiction, basez plutôt vos arguments sur des témoignages :
http://ioio25.blogspot.com/2008/03/une-rponse-place-panafieu.html
Ecrit par : ioio | 08 mars 2008
Nous sommes début mars 2008.
Jean Tiberi est Maire de Paris depuis cinq ans.
En cet après-midi d’hiver, je suis assis sur un banc parisien.
Un vieil homme et son petit fils viennent s’asseoir près de moi. Le vieil homme montre au jeune garçon le bâtiment situé en face de nous.
Il lui dit : « Tu sais, à une époque, j’habitais là ».
Le garçonnet, dans un mélange de naïveté et de surprise, lui répond : « Mais pourquoi es tu parti ? A ta place je serais resté là ! »
Le grand père : « Je n’ai pas eu le choix, le logement était devenu trop cher, j’ai dû quitter Paris. Ils disaient que j’étais trop riche pour profiter d’un HLM; mais moi, je voyais bien que je ne l’étais pas assez pour me loger par moi-même à Paris ».
Le vieil homme semble submergé par les souvenirs d’une époque regrettée.
Il s’arrête. Puis, reprend avec une voix plus hésitante : « Partir fut pour moi un déchirement, une mutilation. Il existe une partie de moi qui n’a jamais vraiment quitté ces murs. J’aimais tant cette ville. »
Le jeune garçon : « J’aimais ? »
Le grand père : « Je lui reste fidèle mais, sur la fin, elle avait tant changée. Avant moi, beaucoup d’autres gens ont dû partir; les jeunes, les ouvriers, les familles. Avec leur départ, c’est l’âme de paris qui s’en est trouvée abîmée, blessée. »
Le jeune garçon : « L’âme ? Qu’est ce que c’est qu’une âme ? »
Le grand père : « Une âme, c’est quelque chose de mystérieux qui fait qu’une ville, une Nation existe par elle-même, a sa propre conscience d’elle-même. C’est quelque chose d’un peu miraculeux, une âme ne se décrète pas, elle est le fruit d’une histoire séculaire. Une âme est précieuse, c’est une sorte de trésor que les Hommes doivent faire vivre et protéger. »
A peine a-t-il prononcé ces mots que le vieil homme se lève : « Nous devons partir, il se fait tard ».
Le jeune garçon se lève et suit son grand père. Ils s’éloignent ; bientôt, ils ne sont plus qu’un souvenir.
Pour ma part, je reste assis sur le banc. Je tourne la tête un peu dans tout les sens, j’admire la belle endormie.
Quand, brusquement, je vois une immense boule de lumière apparaître au loin. Elle grossit à vue d’œil. Les bâtiments disparaissent les uns après les autres, comme happés par cette lumière éblouissante. Elle se rapproche de moi, encore et encore. Je ne sais pas ce qu’il se passe, je ferme les yeux, je ne veux pas voir ça. Lorsque je les rouvre, je distingue des formes qui me semblent familières. Je reconnais mes étagères, mon lit, ma table de chevet : je suis dans ma chambre.
D’un geste ferme, je prends mon réveil ; nous sommes le dimanche 9 mars 2008. Mon vote ne changera plus la ville de Paris : je l'ai quitté moi aussi.
Ecrit par : patapouf | 11 mars 2008
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