04 mars 2008
Delanoë et le Paris pluriel
Il y a le Paris qui se conjugue au singulier. C’est le Paris capitale de la France, ville façonnée par l’Etat qui s’y est comporté en architecte bienveillant et exigeant. C’est le Paris ville mémoire, où les rues et les bâtiments sont autant de pages d’un grand livre d’Histoire de France. Et, il y a le Paris qui se conjugue au pluriel. C’est le Paris amalgame de 100 villages où chaque rue, chaque quartier a son histoire et son identité propre. C’est le Paris où toutes les classes sociales sont représentées, le Paris des ouvriers et des bourgeois, le Paris des intellectuels et des artistes. Le Paris singulier et le Paris pluriel ne sont en réalité que les deux hémisphères d’une même étoile. Le pluriel a besoin du singulier tout autant que le singulier a besoin du pluriel.
Le singulier et le pluriel se fondent l’un dans l’autre pour former quelque chose qui ressemble fort à ce qu’on appelle l’âme de Paris. Mais, depuis 2001, le Paris pluriel n’a eu de cesse de reculer et, avec lui, c’est un peu de ce qui fait la spécificité de Paris qui s’en est allé. Paris a cessé d’être diverse pour devenir, comme le dénonçait récemment Françoise de Panafieu, la ville « des plus aisés et des plus aidés ». En cause, principalement, la politique du logement menée par le Maire sortant. En effet, plutôt que de construire de nouveaux logements sociaux (et d’améliorer ainsi l’offre de logement), Bertrand Delanoë a choisi d’acquérir des logements déjà existants (et généralement déjà occupés) pour les transformer en logements sociaux. Ainsi, sur les 4000 logements qu’il annonce avoir « financé » chaque année, seuls 1000 sont des constructions bien réelles. Il s’agit là d’une politique purement d’affichage qui lui permet de masquer que par rapport à la mandature précédente, le nombre de logements sociaux construits sous sa mandature a été divisé par près de 2,5.
En se comportant comme un spéculateur qui achète en masse sur le marché, Bertrand Delanoë a en outre vidé les caisses de la Mairie et alimenté la flambée des prix et. Flambée des prix qui a été d’autant plus importante que le Maire sortant a, durant son mandat, diminué le COS (Coefficient d’Occupation des Sols) c'est-à-dire ni plus ni moins que le nombre de logements que l’on peut construire sur une surface donnée à Paris. Face à l’envolée des prix, les jeunes, les ouvriers et la classe moyenne en générale ont été obligés de quitter Paris, devenu inabordable pour eux. En cause aussi, la politique de la famille. Depuis 2001, trop peu de crèches ont été construites et tout a été fait pour décourager les modes de garde alternatifs (garde à domicile, recours aux assistantes maternelles agrées, jardins d’enfants…).
Ainsi, le budget annuel de la ville consacré aux modes de garde alternatifs a diminué de près de 10 millions d’Euros. Ce sont aujourd’hui près de 15000 enfants qui attendent toujours une place en crèche. A croire que les familles non plus, n’ont pas leur place dans le Paris de Delanoë.
Stéphane TUOT
12:45 Écrit par Place Panafieu dans Musée Delanoë | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : panafieu, sarkozy, delanoé, cavada, dati, lellouche, goasguen


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