21 février 2008
Réinventons la Ville Lumière, par Jérôme Dubus et Jean-Claude Beaujour
Dans moins d'un mois, les Parisiens devront choisir une nouvelle orientation pour leur ville. Il s'agit d'un rendez-vous décisif pour l'avenir de la capitale. En choisissant Nicolas Sarkozy, les Français ont manifesté leur volonté de réformes profondes. Paris ne doit pas rester à l'écart de ces changements.
Au contraire, elle doit être à la pointe de l'innovation. Nous avons la conviction que Paris peut retrouver ses "lumières" pour peu qu'elle s'engage dans un nouveau modèle urbain. Avec ses 2 millions d'habitants (soit une hausse de 0,9 % contre une progression de 3,8 % de la population francilienne), elle n'a pas profité de la renaissance démographique qu'ont connue l'Ile-de-France et la France depuis cinq ans. Elle n'a pas non plus connu de "boom" économique : le solde entre les arrivées et les départ des entreprises reste lourdement négatif, et le taux de chômage n' a quasiment pas décru depuis 2001. Paris ne s'effondre pas ; selon le mot de Milan Kundera, "elle se languit faute d'avoir trouvé une passion".
Le rôle du maire d'une grande capitale internationale est de concilier une grande ambition pour sa ville avec le maintien d'une harmonie dans la vie quotidienne de ses habitants. Or, depuis 2001, on cherche en vain une vision pour Paris. On ne trouve qu'une juxtaposition de mesures sans cohérence et sans souffle. La question est pourtant claire : que veut-on faire de Paris pour les vingt prochaines années ? Nous avons d'abord la conviction que notre capitale doit renouer avec le dynamisme économique et la création de richesses. Le rôle du maire n'est pas de créer directement des emplois, mais de rendre sa ville le plus attractive possible en créant les meilleures conditions d'accueil pour les acteurs économiques. La priorité doit donc être donnée à la réalisation d'un immobilier d'entreprise moderne, au maintien de conditions fiscales favorables, à la défense du commerce de proximité et à de nouvelles mesures en faveur de la création et de la transmission d'entreprises. Cette nouvelle dynamique économique doit avant tout permettre de rééquilibrer les différents territoires et de garantir une vraie diversité sociale : c'est un deuxième objectif. Depuis 2001, Paris s'est appauvrie, et le nombre des RMistes y a explosé (près de 60 000 en juin 2007 contre 30 000 en 2001), soit le chiffre le plus élevé d'Ile-de-France après la Seine-Saint-Denis. Le taux de pauvreté a dépassé 10 % en 2004, et le 18e arrondissement est parmi les vingt communes les plus défavorisées de notre région.
La fracture sociale n'a jamais été aussi forte. Ce n'est plus acceptable. Avec la création d'une prestation nouvelle pour la garde des petits enfants, la mise sur le marché de 7 000 logements par an, dont 4 000 logements neufs, le lancement d'un grand plan de réinsertion professionnelle des 60 000 RMistes parisiens et de développement de nombreuses structures d'accueil des personnes âgées, la solidarité sera au coeur de l'action de la future majorité. A cet égard, il est indispensable de renforcer les réseaux de solidarité (réseaux associatifs, animation des quartiers, nouvelles technologies, etc.). Paris doit également retrouver le mouvement pour entrer dans la modernité. C'est particulièrement vrai au niveau environnemental, avec la lutte contre toutes les pollutions, l'amélioration des performances énergétiques des logements et des transports en commun en sous-sol, ou encore une politique rigoureuse en faveur de la voiture propre. La modernité doit se décliner également au niveau urbanistique. Un grand architecte nous le disait récemment : "Quand on revient des grandes capitales étrangères, Paris fait l'effet d'une ville de province." La vitalité du nouveau siècle peut aussi se traduire par des gestes architecturaux forts qui ne s'interdisent pas la hauteur et l'originalité, à condition de concilier tradition historique et développement durable : 15 % du territoire parisien peut faire l'objet de nouveaux aménagements ou de rénovation, comme les Batignolles, les terrains de l'Est parisien (porte de la Chapelle, porte de la Villette), ou les onze opérations de rénovation urbaine dont trois seulement sont actuellement lancées. VRAI CAMPUS UNIVERSITAIRE La modernité, c'est aussi l'adaptation de la gouvernance de la ville aux changements des modes de vie. Dans ce domaine, rien ou presque n'a bougé depuis trente ans.
L'organisation administrative de Paris doit évoluer, avec de nouvelles compétences en faveur des maires d'arrondissement. L'ouverture vers les communes limitrophes nous paraît également une nécessité absolue sur des projets précis comme le logement, les transports ou la gestion de la Seine, par exemple. Enfin, Paris doit à nouveau s'ouvrir au monde. Londres défend sa position de première place financière avec New York. Berlin fait déjà figure de porte d'entrée des nouveaux marchés de l'Est. Milan et Barcelone connaissent des croissances rapides grâce à des investissements massifs. Vienne s'inscrit au coeur du développement de la Mitteleuropa. Et Paris ? La Ville Lumière est le symbole du siècle des Lumières. Paris s'imposera comme la capitale de l'intelligence grâce à trois décisions majeures : la création d'un vrai campus universitaire qui deviendra l'un des pôles mondiaux de l'innovation et de la recherche ; la candidature pour accueillir le siège de la future Union méditerranéenne, que Nicolas Sarkozy veut mettre sur pied ; et, enfin, l'accueil de l'Exposition universelle de 2020, formidable levier de mobilisation et gage de rayonnement international. Cette nouvelle ambition est portée par Françoise de Panafieu.
Jérôme Dubus est adjoint (UMP) au maire du 17e arrondissement.
Jean-Claude Beaujour est tête de liste (UMP) du 20e arrondissement.
03:15 Écrit par Place Panafieu dans Seine en folie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : BEAUJOUR, DUBUS


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